LA CRISE POLITIQUE BELGE
Par Olivia Schmidt




La politique est très compliquée dans notre pays et vous la savez tout ce n’est pas la première fois que nous vivons une crise politique en Belgique. Nous avons déjà connu une Belgique sans gouvernement en 2010-2011. Et cette situation avait duré plus de 500 jours.
Aujourd’hui, fin 2019 cela fait un an que nous sommes dans ce cas. Certes, il y a bien un gouvernement mais il est en affaires courantes.
Mais avant tout, qu’est-ce qu’un gouvernement en affaires courantes ?
Cela veut dire que nous n’avons plus de gouvernement 100% opérationnel c’est-à-dire que le gouvernement en affaires courantes ne peut pas prendre de nouvelles décisions et faire voter de nouvelles lois au Parlement fédéral. Selon la coutume, ce type de gouvernement s’occupe seulement de le gestion journalière du pays, de payer les fonctionnaires, de gérer les dossiers en cours et les urgences.
Les affaires courantes ont commencé au mois de décembre 2018. Mais pourquoi ?
A cette époque le Premier ministre, le MR Charles Michel était en coalition depuis 2014 avec la NVA. Cette alliance MR/NVA avait fait polémique lors de la constitution du gouvernement en 2014.
Lors de la ratification du pacte de Marrakech (2019) qui est un texte proposé par les Nations Unies (ONU) afin de promouvoir au niveau mondial « des migrations sûres, ordonnées et régulières » et vise et à promouvoir un renforcement de la coopération internationale dans ce domaine.
La NVA avait au fil des années, montré un visage de plus en plus anti-immigration, notamment via la politique plutôt dure menée par Théo Francken, secrétaire d’Etat en charge de l’immigration.
La NVA a alors posé un ultimatum au Premier ministre : « si vous partez à Marrakech pour signer le pacte, alors nous démissionnerons et la NVA quittera la gouvernement fédéral». Malgré cette menace, Charles Michel est parti signé le pacte. Comme la NVA l’avait promis, ils ont retiré leur confiance au Gouvernement et quitté la majorité ce qui a fait perdre la majorité au Premier ministre (MR). Suite à cette démission, ce dernier en a fait de même, il a présenté sa démission au Roi. Par conséquent, cela a provoqué le début des « affaires courantes ». Des élections anticipées on été envisagées mais finalement abandonnées. On décida donc d’attendre sagement les élections européennes, fédérales et régionales du 19 mai 2019.
Malheureusement, ces élections n’ont pas permis de retrouver de la stabilité à notre pays. Que du contraire… Pourquoi ?
Suite aux élections fédérales de ce 19 mai, nous avons connu une « journée noire » ce terme est utilisé pour qualifier la victoire du parti Vlaams Belang, parti d’extrême droite de Flandre. Malgré ce succès, la NVA, parti conservateur de droite, reste le premier parti en Flandre.
Notre pays avait mis en place depuis les années 90 un « cordon sanitaire » qui avait comme but d’empêcher l’extrême droite de monter au pouvoir partout dans le pays. Cette montée des extrémismes de droite ne s’est pas manifestée en Wallonie : chez nous, ce sont plutôt les partis de gauches qui ont augmenté leurs scores électoraux, notamment le PTB, c’est à dire la gauche radicale et les écolos, la gauche plus modérée. Mais le PS (Parti socialiste) et le MR (Mouvement réfomateur libéral) restent les partis dominants du côté francophone malgré une baisse de leurs scores respectifs.
Bref, le soir des élections, la Wallonie et la Flandre sont en totale opposition : une Wallonie de plus en plus à gauche, et une Flandre de plus en plus à droite… Pas facile de former une nouveau gouvernement fédéral dans ces conditions.
Dans notre Constitution, un parti majoritaire doit faire une coalition avec un autre parti majoritaire du côté flamand et du côté francophone. Le problème est qu’aucun des partis ne souhaitent pour le moment se mettre d’accord autour d’un projet de majorité. La NVA brandissant même le spectre de la fin prochaine de la Belgique fédérale et l’arrivée du confédéralisme c’est-à-dire la fin de la solidarité entre la Flandre et la Wallonie et Bruxelles. Cela passerait par une scission de la sécurité sociale… Les Flamands ne la financeraient plus.
Après la démission de Charles Michel de son poste de Premier ministre, nous avons une nouvelle Première ministre (de transition) Sophie Wilmès qui est la première femme à occuper ce poste depuis la création de notre pays en 1830.
Depuis un mois, le socialiste Paul Magnette, informateur du Roi tente de mettre en place une coalition sans la NVA, ce que l’on appelle une coalition arc-en-ciel (libéraux, socialiste et écologistes). Mais cela voudrait dire qu’une grande partie des Flamands qui avaient voté pour la NVA et l’extrême droite ne seraient pas représentés dans ce gouvernement. Il y a quelques jours, Paul Magnette a remis sa démission au Roi et un nouveau couple d'informateurs a été mis sur pied par le Roi...
A suivre…


